Faut-il nous tendre la perche ?

France B.A.S.S. Nation a entre autre pour but de qualifier des français pour les épreuves qualificatives américaines donnant un accès direct au Bassmaster Classic. Cependant aux U.S., les français rencontreront des espèces complètement inconnues et leurs pêches spécifiques impliquent des méthodes que nos basseurs français ne maîtriseront pas forcément très bien. Du coup, la crédibilité de notre mode de sélection peut s’en trouver contestée. C’est pourquoi, une espèce surprise s’est invitée. Explications.

On ne le sait pas assez, mais les compétitions B.A.S.S. aux US comptabilisent 4 espèces de Micropterus dont 3 ne sont pas présentes en France : le spotted bass, le small mouth et le red eye bass ou shoal bass.

De plus, en France notre black bass à grande bouche se comporte très différemment de son homologue américain.

Pour couronner le tout, une autre question se pose : avons-nous assez de black bass en France pour organiser des compétitions de grande ampleur sur deux jours ? Il faut prendre la réalité en pleine face, la réponse est négative.

Alors regardons ce qui passe à l’étranger. L’Australie a rejoint le groupe des Nations l’année dernière. L’Australie est comme nous, elle possède une très faible population de bass, très localisée (quelques étangs à proximité de grandes agglomérations). Pour eux donc, impossible d’organiser des compétitions black bass de grande ampleur. Et pourtant BASS a annoncé son ralliement le 10 janvier 2014 : http://www.bassmaster.com/news/bass-welcomes-australia-nation

Et les premiers concours eurent lieu, comme les australiens l’avaient annoncé : http://www.bassmaster.com/news/clark-wins-queensland-qualifier

bass australia

Ce tour, de passe-passe, l’Australie le doit à un haut niveau de pragmatisme : un système auquel aucune autre Nation n’a eu recours auparavant. Les Australiens ont pris la décision d’homologuer un autre poisson que le black bass : l’australian bass, une sorte de bar qui remonte les eaux douces et dont le comportement se rapproche beaucoup du small mouth et de notre perche commune.

Cette décision d’homologuer la perche sur le France BASS Nation ne s’est pas prise sans consultation et sans débat, vous vous en doutez !

Alors quels ont été les arguments retenus pour cette intrusion de la perche dans nos viviers.

  • Ray Scott (le fondateur de B.A.S.S.) a choisi le black bass car c’était le poisson le plus répandu, le plus abondant et le plus facilement capturable dans son pays, exactement comme la perche en France.
  • B.A.S.S. ne compte pas que le grande bouche ; comme il a été abordé auparavant, sont également comptabilisés, le red eye, le spotted et le small mouth, qui ont un comportement plus proche de notre perche que de nos bass.
  • Nos bass français ayant un comportement essentiellement rivulaire, cela évitera de ne qualifier que des pêcheurs de bordure. Si les manches qualificatives se déroulent sur du spotted ou du small mouth, le meilleur skippeur de LS de France risque de ne pas faire le poids face à des américains rompus aux pêches de pleine eau, se basant uniquement sur leurs sondeurs et leurs GPS… De plus, il ne faut pas perdre de vue que l’objectif numéro 1 est bien le Bassmaster Classic, que celui-ci se déroule en tout début de saison (février-mars) et donc souvent sur les postes d’hiver, en pleine eau et souvent sur du spotted, plus actif en eau froide que le large mouth.
  • Cela permet d’ouvrir la compétition aux grands lacs et aux grandes rivières, seuls à même de recevoir une importante pression de pêche (pre-fishing + 2 jours de compétition). De plus, avec des captures plus nombreuses et des pesées conséquentes, l’attrait pour le spectateur sera plus grand,et pour les compétiteurs, bien évidemment.

perche3

La perche fait donc officiellement partie des espèces comptabilisables pour le France B.A.S.S. Nation, aux côtés du largemouth bien entendu. Mais il est bien évident qu’aucune compétition n’aura lieu sur des sites où le bass est absent ou peu répandu. Le black bass reste l’espèce emblématique de la compétition, tout le bureau de France BASS Nation est persuadé que sans lui, aucun circuit viable médiatiquement n’est possible. Les compétitions B.A.S.S. sont faites pour renforcer l’image de ce poisson et renforcer ses populations.

Le bureau France BASS Nation.