France B.A.S.S. Nation 2016 – ITW des grands gagnants 2016

Bonjour Sébastien et Greg, pouvez-vous rapidement vous présenter? Quelles sont vos expérience de pêcheurs et de compétiteurs? Quels sont vos partenaires?

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Bonjour France Bass Nation, Bonjour a tous,

Greg :

Je m’appelle Greg Laumondais, j’ai 34 ans, et je vis dans une petite commune du sud-médoc près de Bordeaux.

Je pêche depuis que j’ai 5 ans, et j’ai à peu près tout essayé jusqu’à me consacrer complètement au leurre vers le milieu des années 90. J’ai fait mes armes en rivière et me suis progressivement tourné vers la pêche du bass en gravières et étangs, du bord et en float-tube, et vers la pêche du brochet, de la perche, et du sandre en bateau sur les grands lacs landais (Lacanau, Carcans-Hourtin, Biscarrosse-Parentis, Cazaux-Sanguinet).

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Le bass me passionne tellement qu’il me pousse à faire des road-trips aux USA pour le pêcher, tout en découvrant ce fabuleux pays. J’ai notamment pêché le grande bouche au Texas et en Louisiane sur les mythiques Lake Fork, Toledo Bend, et Caddo Lake, le spotted bass et le smallmouth bass en Alabama sur la Tennessee river (Pickwick Lake et Wilson Lake), et le smallie et le walleye dans le Nord sur le lac Michigan, le Mississippi, et sur de petites rivières du Wisconsin et du Minnesota.

Je suis partenaire de Florida Fishing et Bass-Boat Europe.

Seb :
Je m’appelle Seb Depeyris, j’ai 39 ans, et j’habite depuis toujours dans la région bordelaise.
Depuis ma plus tendre enfance je suis un passionné de pêche. J’ai pratiqué un peu toutes les pêches qu’il m’a été donné d’essayer, aussi bien en eau douce que salée, et me suis forgé en côtoyant tous les types de pêcheurs que j’ai eu la chance de croiser. Mais il y a une petite vingtaine d’année (déjà?!) j’ai eu une révélation en prenant mon premier carnassier avec un leurre souple, et bien sûr pas n’importe lequel : un black-bass!

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La pêche sportive aux leurres s’est rapidement transformée en une totale addiction. Une pêche active qui évolue sans cesse et qui demande beaucoup d’observation et de remise en question. Une pratique qui permet aussi de rassembler, d’échanger et qui est véritablement porteuse de valeurs et de respect de notre environnement. J’ai donc plongé dedans et m’y suis complément consacré.

Je suis partenaire de Florida Fishing et Bass-Boat Center.

On s’est connus tous les deux au début des années 2000, et ça a collé tout de suite vu qu’on avait la passion du bass en commun et surtout la même façon de pêcher. Ca fait maintenant plus de dix ans qu’on fait de la compétition ensemble, en particulier sur le défi Predators. Et plus que coéquipiers, on est devenu de vrais amis et on a partagé énormément de choses tant sur l’eau que dans la vie. Autant dire que l’on se connaît par cœur et que, comme un vieux couple, on n’a pas forcément besoin de se parler pour se comprendre! Vers 2007, on entrait dans l’aventure Florida Fishing, qui distribue entre autres les cannes St-Croix et les moulinets Lew’s, les leurres Lake Fork, Live Target, Black Flagg, Castaic, Northland, Bandit, Bill Lewis, les hameçons Trokar, les float-tubes Outcast, etc.

On en profite d’ailleurs pour les saluer et les remercier de leur soutien depuis tout ce temps.

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Comment avez-vous vécu cette première saison de France B.A.S.S. Nation? Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce circuit?

Ben on l’a vécu, du début à la fin, avec un grand sourire figé sur le visage!

Si nous sommes assez engagés dans la compétition, c’est parce que, en plus d’y retrouver les amis, nous y voyons une réelle opportunité de se perfectionner sans cesse et d’apprendre de toutes les situations. Et c’est un peu aussi en raison de l’influence des compétitions américaines que l’on peut suivre sur le net et qui nous font rêver. Ce grand show qu’est le Bassmaster, avec cette effervescence, ces pros, ces bateaux, et cette ressource en black-bass, ça met des paillettes dans les yeux et ça crée quelques doux fantasmes chez beaucoup d’entre nous! Cependant, en France, on joue sur des circuits qui comptabilisent majoritairement tout type de carnassiers, et les occasions de se focaliser sur le bass n’existent pas vraiment ou sont limitées à de rares événements. C’est bien normal, on fait avec ce que l’on a, mais pour tous les bassers, il manque forcément un petit quelque chose. Donc, quand l’arrivée du B.A.S.S. en France a été annoncée, ça nous a d’abord laissés perplexes… ça semblait si incroyable… mais quand on a compris que c’était du sérieux, on était juste surexcité! C’était simplement impossible pour nous de rater ça. Cela dit, on n’avait très honnêtement aucune prétention, juste une énorme envie de bien faire et de pouvoir enfin mettre en pratique l’expérience acquise avec notre poisson fétiche. On a donc vécu la saison avec un grand plaisir, sans pression et dans un esprit de partage et de convivialité avec nos amis, les participants et l’organisation.

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On a vraiment savouré tous les moments, et cette ambiance si particulière que seul un évènement B.A.S.S. peut procurer, à notre sens.

Quelle a été votre approche de la première date, la manche de Parentis En Born? Comment s’est passée cette compétition pour vous?

On connaissait déjà assez bien le lac de Biscarrosse-Parentis vu qu’on le pêche de temps en temps en loisir et en compétition, mais uniquement pour le brochet et la perche. Niveau bass, on y a connu quelques moments d’euphorie à une époque en pêchant du bord, mais c’était sur des spots bien précis et de façon occasionnelle (surtout en vacances en fait!). Quoi qu’il en soit, notre passion du bass et le fait que les compétitions prenant en compte cette espèce soient rares chez nous, on ne s’est pas questionné longtemps : on venait pour se faire plaisir en cherchant en priorité le bass, et on ne laissait à la perche que le statut de joker pour compléter un éventuel quota. On s’est donc concentré sur des zones bien précises où l’on savait qu’il était présent, et on a pêché comme on aime et comme on sait le faire : pitching de montages texans (beaver notamment) et de jigs (avec baby Hyper freak Lake Fork en trailer) dans les bois noyés et sous les pontons et bateaux, et worms en skipping sous les frondaisons et en free-falling/dead-sticking dans les trouées d’herbiers.

Le premier jour, on a réussi à en prendre trois de cette manière, et à compléter avec deux perches dont une jolie de près de 900g en pêchant lipless et lame. Tout s’est donc passé pour le mieux avec une seconde place provisoire et le seul quota de la manche. Le deuxième jour a été plus difficile pour tout le monde, et on ne rentre que deux bass dont un d’1kg, mais qui nous permettent de conserver la deuxième place au général.

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Une grosse satisfaction donc, boostée par l’énorme ambiance B.A.S.S. (on a notamment eu droit à l’hymne national et à Thunderstruck d’AC/DC au moment du départ!) et une organisation excellente de bout en bout.

Vous avez gagné votre titre in-extremis lors de la seconde manche, à Fongrave sur Lot. Nous aimerions en savoir plus sur votre stratégie et sur le déroulement de cette incroyable remontée?

Oui, on a connu un gros retournement de situation entre le premier et le deuxième jour…

On appréhendait énormément cette deuxième manche car, contrairement à beaucoup d’autres compétiteurs, on ne pêche quasiment jamais le bass en rivière et on ne connaissait surtout presque pas le Lot ! Avant le France B.A.S.S. Nation, on l’avait pêché en tout et pour tout deux fois : lors d’une compétition à Penne d’Agenais, et lors d’un court prefishing cet été qui ne nous a pas apporté grand-chose de concret… On a donc décidé là encore de faire ce que l’on sait faire, et surtout de prendre du plaisir sur l’eau. La seule variante était dans la nécessité de se partager les tâches pour essayer de trouver du poisson sur un spot que l’on ne connaissait pas du tout. Le pêcheur à l’avant du bateau pratiquait donc une pêche de réaction en pitchant de l’Hyper Worm (Lake Fork) sur les bordures, et celui à l’arrière était en mode grattage sur les tombants avec des W Craww small (Black Flagg) sur light jighead. Il faut noter qu’avant ça, tôt le matin, on a attaqué topwater sur des shallows vu qu’il y avait un peu d’activité, mais que cela ne nous a rapporté que des perchettes non maillées.

Pour le reste de la journée, le problème était clairement identifié. Notre stratégie de recherche était correcte puisqu’on l’avait déjà éprouvée à plusieurs reprises, mais les poissons n’étaient pas là où on les cherchait : trop profond, berges trop abruptes… Ce n’est qu’en milieu de journée que l’on a commencé à découvrir quelques zones plus shallow, en partant à l’opposé du secteur de rivière du matin, et que l’on prend le premier bass maillé. Et c’est à environ une heure de la fin que l’on a enfin trouvé des successions de zones présentant exactement les éléments que le début de pattern nous avait amenés à chercher. Bref, un vrai repérage avant une compétition, c’est important… Et si un deuxième poisson, d’un peu moins de 800g, est venu rejoindre le vivier, on partait avec un sérieux retard (une 19ème place et près de 3kg de moins que les leaders) à la fin de cette journée.

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Le lendemain, on attaquait bien évidemment sur le secteur repéré la veille, et on remettait en œuvre notre stratégie de prédilection. Après quelques ajustements en cours de manche pour s’adapter à l’activité et à la position des poissons, notamment en rendant plus planants les montages à pitcher et en troquant la mini craw sur TP light pour du worm weightless en skipping, on a connu alors une toute autre journée que la veille, avec sept poissons mis au sec dont un lunker de 2kg, et plusieurs décrochés! Se sont également ajoutés trois poissons pris au popper vers la fin de manche sur un shallow lors d’un bref moment où le temps s’est couvert. Au final, on présente un quota de 5,1kg qui nous donne la deuxième place, le prix du big bag et du big fish, et la victoire du France B.A.S.S. Nation 2016!

Vous êtes les tout premiers champions du France B.A.S.S. Nation. Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

On est plutôt de nature à rester modéré et à faire la part des choses, mais là c’est quand même vraiment particulier. Cette victoire nous a procuré énormément d’émotions et donné beaucoup de fierté. La découverte de ce nouveau circuit, les choix stratégiques que l’on a été amené à faire, le fait d’avoir trouvé des clefs pour prendre du bass en grand lac, et la grosse remontée sur la dernière journée du lot, tout cela a été vraiment magique pour nous!

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Et bien sûr, gagner le premier titre France B.A.S.S. nation, c’est juste fabuleux. Mais en plus avec ce scénario, ça restera notre plus belle victoire et ça va nous laisser des souvenirs à vie! C’est aussi une petite concrétisation personnelle de notre investissement sur la pêche du bass, et encore au-delà de ça, de notre amitié.

L’un d’entre vous est qualifié pour partir aux USA à la finale des Nations en 2017… Une place pour le Bassmaster Classic est possible … Comment allez-vous vous organiser?

Seb :

C’est une très grande fierté de pouvoir porter les couleurs françaises dans la mère patrie du bass! C’est un rêve que l’on a en commun depuis toujours… Mais il n’y a pas de suspense car nous l’avons déjà annoncé dès la remise des prix de Fongrave : ce sera Greg qui nous représentera! Le choix a été fait avant même le début de la saison. C’est une décision qui s’est prise d’autant plus facilement que l’on était très loin de s’imaginer, vraiment sans fausse modestie, qu’elle nous concernerait directement quelques mois plus tard. Personnellement, je suis un peu plus bloqué par ma cellule familiale et professionnelle pour pouvoir me lancer sur un tel projet. De plus, Greg a déjà de nombreuses expériences de pêche du bass aux USA, il a aussi une énorme culture en ce qui concerne ce pays, et pour finir un bien meilleur niveau d’anglais. C’est donc une décision pragmatique et logique, et je suis fier de faire ce cadeau à mon ami. Mais j’avoue qu’au niveau du cœur, je ne perds pas encore tout espoir de pouvoir vivre cette aventure en simple accompagnant, ou même comme participant car il semblerait qu’il y ait pour moi une opportunité de figurer dans la grille de départ en tant que non-boater. Ce serait juste fabuleux de pouvoir également partager ça ensemble! Mais dans tous les cas, il nous faudra trouver des fonds et appuis pour que ce rêve puisse devenir réalité.

Greg :

Seb aurait autant sa place que moi à la finale des Nations, car même si j’ai effectivement pu aller pêcher plusieurs fois aux USA, je ne pense pas que cela soit suffisant pour avoir un réel avantage en compétition sur quelqu’un qui n’y est jamais allé. Quant au niveau d’anglais, certains participants des précédentes finales des nations ont montré que ce n’était pas forcément une barrière infranchissable! Quoi qu’il en soit, j’ai effectivement une situation familiale et professionnelle qui me laisse un peu plus de liberté, mais j’espère bien que mon pote me suivra dans cette aventure, car il l’a mérité et que ce serait vraiment génial de pouvoir vivre cette incroyable expérience ensemble. Et en plus, ça m’éviterait de payer un supplément pour le poids des bagages vu ce qu’il me demanderait de lui ramener comme leurres! Plus sérieusement, je suis vraiment extrêmement fier de représenter la France pour cette première participation à la finale des Nations, et si le challenge est très relevé pour les non-Américains, j’espère au moins réussir à faire honneur à mon pays. Par contre, je préfère prévenir, dans l’incroyable éventualité où j’arriverais à décrocher un billet pour le Classic, que je ne répondrai plus de ma santé mentale et cardiaque!

Question organisation et stratégie de pêche, j’attends d’avoir plus d’informations sur la finale 2017 et de faire le point sur les fonds qu’on pourra trouver, mais je pense pouvoir compter sur vous, sur plusieurs de mes sponsors américains, et sur les contacts que j’ai là-bas pour m’aider à me diriger et à me préparer.

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